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La période
"nacrée"
ritiqué, mal compris, Renoir va
peu à peu sortir de la période "sèche". Sans revenir à un coup de pinceau
purement impressionniste, il va infléchir le trait, abandonner la rigueur tout en
conservant le modelé de ses sujets.
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Délicatesse, forme, couleur, lumière et volupté sont les maîtres mots de cette
période "nacrée". |
partir de 1889, Renoir doit éviter
le froid car des crises de rhumatismes le font énormément souffrir et même si la
beauté et la gaieté ont toujours dominé son uvre, c'est malade et affaibli qu'il
continue sa vie.
n 1890, il épouse
Aline.
n 1892, Paul Durand-Ruel organise
une exposition particulière de 110 toiles. C'est un triomphe, la reconnaissance pleine et
unanime du public et de l'Etat qui, pour la première fois, se porte acquéreur
d'une toile de Renoir,
ette toile lui fut payée 4000 francs. Quatre ans plus tard, en 1896, les Renoir achetaient leur maison d’Essoyes contre la somme de 4000 francs… Le prix d’un beau tableau !
n 1894, Gustave Caillebotte,
peintre célèbre, l'ami de toujours
– parrain de son fils Pierre –
, le mécène des débuts, meurt en le désignant exécuteur testamentaire.
Caillebotte laisse une collection fabuleuse de toiles "impressionnistes"
composée entre autres de Renoir, Monet, Pissarro, Sisley .
enoir doit batailler ferme pour que
l'Etat accepte quelques toiles dans ses musées. Trois années durant, il s'acharnera à faire entendre raison aux membres de la commission de décision. Grâce à
lui, en 1897, trente-huit toiles sur soixante-dix léguées intègrent les collections
nationales - dont "Le bal du moulin de la Galette" - et
restent ainsi
en France.
Ces trésors sont aujourd'hui conservés au Musée d'Orsay. Ils portent la mention
: « legs Gustave Caillebotte ».
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En septembre 1894, naît le second fils de Renoir, Jean, qui deviendra
l'un des grands cinéastes du 20e siècle, accessoirement romancier (Le
Crime de l'Anglais...) auteur de théâtre et
metteur en scène (Orvet),
acteur (Octave dans
La Règle du Jeu) et même, dans les
années qui suivirent la mort de son père, céramiste. |
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Gabrielle Renard, cousine d'Aline est engagée
comme bonne d'enfants.
Elle deviendra bientôt le modèle
préféré de Renoir. |
lle
figure sur de nombreuses toiles,
d'abord seule
ou avec Jean et même en compagnie de la famille Renoir.
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En 1888, Renoir effectue son premier long séjour à Essoyes, dans l'Aube, le village natal de celle qui deviendra sa femme deux ans plus tard. Le couple et
leur fils Pierre logent alors dans une modeste maison toujours existante. |
n 1888, Renoir effectue son premier long séjour à Essoyes, dans l'Aube, le village natal de celle qui deviendra sa femme deux ans plus tard. Le couple et
leur fils Pierre logent alors dans une modeste maison toujours existante.
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A la fin de l'été 1896, Aline, très attachée à sa terre natale, l'incite à
y acheter une maison. Des travaux d'aménagement qui s'étaleront sur
plusieurs années sont entrepris et réalisés par des artisans de la région,
en particulier Félicien Gérot, entrepreneur à Bar-sur-Seine. Ainsi, la
maison devient plus spacieuse et confortable et permet d'accueillir des
visiteurs.
C'est ainsi que Julie Manet, fille de Berthe Morisot et d'Eugène
Manet – le frère du peintre – relate dans son
Journal
deux longs séjours effectués dans le village en 1897 et 1898. Cependant, les
travaux n'étant pas encore achevés, Julie qui est accompagnée de sa cousine Paule
Gobillard, loge chez des vignerons habitant non loin des Renoir, les Brotel.
Une grande pièce du rez-de-chaussée - qui fut auparavant la grange - sert
d'atelier durant plusieurs années, jusqu'à la construction, au fond du
jardin, du splendide atelier ouvert au public. |
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La maison d'Essoyes (1906) |
n
1900, Renoir est au sommet de sa gloire, célèbre jusqu'à l'étranger où de
nombreuses expositions de ses oeuvres sont organisées. Il est fait chevalier de
la Légion d'honneur.
a
maladie s'aggrave ; de fortes crises de
d'arthrose attaquent ses membres et déforment
ses mains, sa vue s'affaiblit. Il doit passer tous les hivers
dans le Midi de la France
et suivre de nombreuses cures thermales,
notamment à Bourbonne-les-Bains.
Mais malgré ses souffrances, il reste fidèle à son chevalet.
'année
1901, c'est le grand bonheur. La naissance, à Essoyes, de son dernier fils,
Claude, surnommé « Coco ». Toute sa joie éclate dans sa peinture. Emerveillé par
ce fils tardif, il peindra Claude à maintes reprises.
Jean
Renoir écrira à propos de son jeune frère : « Coco
fut certainement l'un des modèles les plus prolifiques de Renoir. Je ne vois que
Gabrielle pour le battre quant au nombre. Elle est très en tête de lui quant à
la dimension des tableaux. Je pense aux grands nus que je vis naître et se
préciser »
(Jean Renoir :
« Pierre Auguste Renoir, mon père »).
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Il le peint notamment dans les bras de sa jeune nourrice, Renée Jolivet,
fille de la sage-femme d'Essoyes qui avait assisté Mme Renoir lors de sa
naissance le 4 août 1901.
Tout comme Gabrielle, Renée deviendra modèle de Pierre-Auguste Renoir. |
uguste
Renoir est maintenant reconnu et apprécié. Au salon d'automne de 1904, une salle
entière lui est consacrée. En 1905 il en sera le Président d'honneur et il
peint, peint encore, dans la douleur mais avec bonheur.
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En 1907, il
achète le "domaine des Collettes"
à Cagnes, ville qu'il aime particulièrement depuis longtemps. Il y
passera chaque hiver jusqu'à la fin de sa vie, séjournant l'été à Essoyes. |
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es
ventes s'enchaînent, les prix s'enflamment. De grands collectionneurs
américains comme Martin A. Ryerson, l'un des fondateurs de l'Art
Institute de Chicago, achètent "du Renoir". |
n
1911, il est nommé officier de la légion d'honneur mais les honneurs ne
l'intéressent guère.
aralysé,
cloué dans un fauteuil roulant, les mains déformées, jamais il ne perdra le goût
de peindre. Les paysages méditerranéens, les gens qu'il aime, les nus féminins,
seront ses sujets préférés en cette fin de vie.
a
guerre n'épargne pas la famille Renoir.
Pierre et
Jean sont mobilisés en 1914. Pierre est blessé
dès les premiers jours du conflit. Puis c'est au tour de Jean. Aline se
rend
alors à son chevet.
C'est au retour d'un voyage exténuant effectué à Gérardmer où son fils cadet est
hospitalisé qu'Aline,
la radieuse jeune
femme des canotiers, la mère attentionnée, la femme de Renoir,
désormais fatiguée,
souffrant de diabète,
s'éteint à Nice, le 27 juin 1915,
dans un appartement que les Renoir louent, 1 place de l'église du voeu. Elle a
cinquante-six ans.
On l'inhume alors dans le cimetière du château à Nice dans la sépulture de la famille Roumieux, propriétaire de l’immeuble niçois dans lequel logent les Renoir.
enoir
s'acharne à peindre pour oublier son chagrin, ne vit plus que
pour son art
toujours plus fleuri, plus coloré. Ses baigneuses sont plus rondes que jamais,
charnues, colorées et ensoleillées comme des fruits.

econnaissance
suprême, il est promu Commandeur de la légion d'honneur en février 1919. Sa
toile "Madame Georges Charpentier et ses enfants" est exposée au Louvre.
Il se rend à Paris. Il veut revoir
les oeuvres du passé,
autant de
souvenirs d'une époque difficile pour les impressionnistes.
Heureux, il
visite le musée où il est reçu "comme un pape de la peinture".
e
retour à Cagnes, il entreprend une nature morte, mais la maladie l'emporte.
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Il meurt au matin du 3 décembre 1919 à
l'âge de
soixante-dix-huit ans.
Il rejoint alors son épouse dans le vieux cimetière du château de la
ville de Nice. Deux ans et demi plus tard, le 7 juin 1922, les dépouilles
mortelles du couple Renoir sont transférées dans le département de l'Aube où
elles reposent désormais dans le
cimetière d'Essoyes.
Depuis, Pierre et Jean, puis les cendres de Dido Renoir – seconde épouse de
Jean – partagent sa sépulture. |
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La tombe d'Aline est derrière
celle de son mari. Elle repose avec sa mère, son fils Claude et
son petit-fils Claude, illustre chef-opérateur du cinéma français, fils de Pierre
et de la tragédienne Véra Sergine.. |
on
œuvre est immense et magnifique. Elle témoigne de ses recherches, de ses doutes
mais surtout et avant tout, de son plaisir et sa soif de peindre.
Délicatesse,
Volupté et couleur des tableaux "nacrés"
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