Pierre Renoir par Bernard Pharisien, Edition Nemont

Caractéristiques du livre intitulé "Pierre Renoir"

Format : 16x24 (cm)

512 pages incluant filmographie, théâtrographie, discographie et hommages + cahier de 16 pages d'iconographie (noir et blanc)
hors-texte

Éditeur: : Némont - Z.I., rue de l'Europe - 10200 – Bar-sur-Aube

Dépôt légal : novembre 2003

ISBN : 2-913163-10-6

Prix : 25 €

PIERRE RENOIR

«Louis Jouvet avait plus de fougue et peut-être plus de génie. Mais plus ramassé sur soi-même, nourrissant à l'écart une méditation qu'on sentait lucide et profonde, Pierre Renoir a plus d'une fois servi à Jouvet de rude et salubre conseilleur... Pierre Renoir.. un grand artiste et un grand caractère».
(Francis Ambrière, Prix Goncourt – avril 1952 -)

     ierre Renoir est né à Paris, 18 rue Houdon, à une centaine de mètres de la place Pigalle, le 21 mars 1885.

près une scolarité passée pour l'essentiel à l'Institution Sainte-Croix de Neuilly-sur-Seine, Pierre entre au Conservatoire national d'art dramatique en 1905. II obtient deux seconds prix en 1908 (tragédie et comédie) et un premier prix de tragédie en 1909. Cette brillante carte de visite lui permet de faire partie, dès septembre 1908, de la troupe du théâtre de l'Odéon dirigée alors par André Antoine et dont il se sépare en 1910 pour rejoindre celle qui, autour de Lucien Guitry, crée le Chantecler d'Edmond Rostand.

 Durant 11 ans, il joue sur les scènes des théâtres de l'Ambigu et de la Porte Saint-Martin et devient ainsi l'une des vedettes du théâtre de Boulevard. Ensuite, entre 1921 et 1927, il se fait plus rare et cherche une nouvelle voie. Au cours de cette période, il interprète notamment Pagnol, Crommelynck, Colette... II dirige même, pendant quelques mois, le théâtre des Mathurins

     1928 marque un tournant décisif dans sa carrière. II rejoint alors, à la Comédie des Champs-Elysées, la troupe de Louis Jouvet. C'est dans ce théâtre, puis à L'Athénée, qu'il crée, aux côtés de celui dont il deviendra l'ami et le confident durant 23 ans, la plupart des premiers rôles masculins de l'oeuvre théâtrale de Jean Giraudoux (Siegfried, Amphitryon 38, Intermezzo, Tessa, La Guerre de Troie n'aura pas lieu, Supplément au Voyage de Cook, L'Impromptu de Paris).

     I est également l'interprète de Marcel Achard, Jules Romains, Stève Passeur, Pierre Drieu La Rochelle, Roger Martin du Gard, Prosper Mérimée, Sutton Vane, Alfred Savoir, Emile Mazaud, La Fontaine, Jean Cocteau... et celui du plus grand des classiques : Molière.

       ierre se produit par ailleurs chez Gaston Baty, Charles Dullin, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, André Barsacq. Sous leur direction, il interprète Shakespeare, Marcelle Maurette, Armand Salacrou, Paul Claudel.

    I joue, bien évidemment, sur les scènes parisiennes mais également dans plusieurs villes de province et à l'étranger (Belgique, Portugal, Espagne, Algérie, Tunisie, Italie, Suisse, Ecosse, Egypte, Pologne, Tchécoslovaquie, Autriche, République Fédérale Allemande, Québec, Etats-Unis).

     côté de cette brillante carrière théâtrale, Pierre Renoir figure au générique de 65 films.

 

 

Il débute au cinéma en 1912 dans La Digue, première oeuvre d'Abel Gance, et tourne son dernier film - Knock - en 1951, aux côtés de Louis Jouvet.

 

     ntre temps, il est notamment le premier Commissaire Maigret à l'écran (La Nuit du Carrefour), le Capitaine Weller (La Bandera), Louis XVI (La Marseillaise), Jéricho (Les Enfants du Paradis), le Duc d'Angoulême (Le Capitan), le Professeur Stangerson (Le Mystère de la Chambre jaune)...

n doit cette première biographie de Pierre Renoir à Bernard Pharisien (Editions Némont - Bar-sur-Aube - 2003). Celle-ci n'est pas uniquement rythmée par les passages de l'artiste sur scène et dans les studios de cinéma. Y prennent leur place, tout naturellement, ses parents, la fratrie (quelque peu modifiée suite à de récentes découvertes), les femmes qui ont compté dans sa vie, son fils Claude (né de son union avec la tragédienne Véra Sergine), ses amis...

ne place de choix est réservée à l'un d'entre eux, le seul auquel il se soit vraiment livré : Louis Jouvet. On dévouvre quelques correspondances inédites entre ces deux grands hommes de théâtre dans lesquelles se mêlent des considérations sur leur art, aussi bien que l'immense tendresse et la puissante affection qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Moins de six mois avant de disparaître, alors qu'il venait de perdre celui qu'il appelait familièrement son «vieux frère», Pierre déclare : «Pendant vingt-trois ans nous ne nous sommes pas quittés ou presque. Nous avons eu des rapports pour ainsi dire quotidiens. Notre travail a été constant. Nous avions deux tempéraments absolument différents. C'est peut-être pour cela que nous nous entendions extrêmement bien. II m'apportait quelque chose, je lui apportais quelque chose, cela formait une espèce d'unité. Je dois avouer que c'est pour moi une perte épouvantable. C'est quelque chose de moi qui est parti».

     a biographie évoque également l'engagement de Pierre Renoir qui, en 1947, devient Président de la Fédération du Spectacle CGT. A ce titre, il occupe différentes fonctions dans des instances nationales ou internationales (notamment au sein de l'UNESCO ou du comité d'organisation du Festival de Cannes).

    a période la plus difficile à analyser de la vie du fils aîné de Renoir est sans doute celle de l'occupation. Durant la seconde guerre mondiale Pierre assume les fonctions de Président  de l'Association des Directeurs de Théâtres de Paris (l'ADTP). II est, à ce titre, l'un des interlocuteurs de la Propaganda Staffel qui s'intéresse de très près à la vie culturelle dans la capitale. Quel jeu joue Pierre ? Est-il en contact avec son jeune frère, Claude (une figure de la Résistance dans la région niçoise) ? Quels sont ses liens avec les réseaux existants ? II en existe sans doute pour qu'on le remarque, sitôt après la libération de Paris, parmi les premiers signataires de l'appel des intellectuels français intitulé : «Unissons-nous pour la grandeur de la patrie». Par ailleurs, il est nommé, dès septembre 1944, premier président de la Commission gouvernementale d'épuration dépendant de la Direction des Beaux-Arts au Ministère de l'Instruction publique. Bernard Pharisien ne prétend pas avoir tout découvert sur cette délicate période. II l'écrit dans l'avant-propos de la biographie : «J'avoue volontiers être resté sur ma faim. Pour élucider ce point, je fonde un certain espoir dans la poursuite de mes investigations».


ierre Renoir meurt à Paris dans son appartement de l'avenue Frochot, à quelques centaines de mètres de son lieu de naissance, le 11 mars 1952. Six mois auparavant, il avait accompagné son ami Louis Jouvet à sa dernière demeure. Il a été l'un des grands artistes dramatiques de la première moitié du XXème siècle. Il repose dans le cimetière d'Essoyes auprès de ses parents, de ses deux frères (Jean et Claude) et de son fils Claude.                                                      

 


Si vous souhaitez écrire à Bernard Pharisien ou commander un de ses ouvrages,
vous pouvez le faire en utilisant le formulaire ci-dessous

Votre message 

 

votre adresse e-mail 
pour la réponse

A la rencontre de Pierre Auguste Renoir
©Danielle Meurillon - Bernard Pharisien