Bornibus le Champenois par Bernard Pharisien, Edition Nemont

  Caractéristiques du livre

  Format à l'italienne : 24 x 17 (cm)

  120 pages

  Édition Némont

  Dépôt légal : juillet 2011
  ISBN : 978-2-913163-25-6
  Prix : 18 €

Bornibus le Champenois

En flânant sur le boulevard de la Villette côté 19ème arrondissement, au numéro 58, une façade d’immeuble ne manque pas d’attirer l’attention. “Moutarde Bornibus – la santé sur votre table…” peut-on lire au niveau du rez-de-chaussée : la raison sociale et le slogan d’une entreprise qui eut ici pignon sur rue. Les inscriptions gravées au niveau supérieur sont plus anciennes :

Au-dessus du porche, le nom du fondateur – Alexandre Bornibus

À gauche, entre trois des fenêtres de ce qui fut le luxueux appartement d’Alexandre, de son épouse et de leurs enfants qui occupait tout le 1er étage, deux plaques égrainant la liste des diplômes et médailles glanés lors d’expositions tant en France qu’à l’étranger.

L’ouvrage abondamment illustré (128 pages) conte l’épopée de cette famille originaire de l’Aube dont le fils cadet, Alexandre, né à Verpillières le 10 mars 1821, est devenu l’un des plus populaires fabricants de moutarde du 19ème siècle. Il a 40 ans quand il s’installe dans un des nouveaux quartiers de Paris – Belleville – pour y construire, au 60 boulevard de la Villette, sur un terrain loué, une première usine d’où sortiront des moutardes, vinaigres, conserves et autres condiments. Nous sommes en 1861 comme l’indique la plaque scellée sur la façade de l’immeuble, lequel sera construit ultérieurement [entre 1871 et 1881] dans la propriété voisine achetée au numéro 58 du même boulevard par Alexandre et Esther Bornibus.

Avant de devenir le “grand moutardier à la mode” dont les mérites seront vantés par Alexandre Dumas dans son Grand dictionnaire de cuisine, Alexandre Bornibus a été successivement instituteur puis laitier. Sa vocation, louée par l’auteur des Trois Mousquetaires, est relativement tardive.

Marié à une fille de négociants de Pontoise [Esther Chéron], père de quatre enfants dont une fille prénommée Marie qui épousera un médecin [François Jouin], Alexandre décède en 1882, laissant à ses trois fils une entreprise prospère ainsi que l’immeuble qu’il avait fait bâtir au 58 boulevard de la Villette. Cet édifice de style haussmannien masque le bâtiment industriel duquel  se sont échappées, durant des décennies, de fortes odeurs de vinaigre dont ne manquait pas de se plaindre le voisinage. Aujourd’hui désaffectée, l’ancienne moutarderie et vinaigrerie a été transformée en un vaste loft dans lequel réside une chanteuse.

Après la mort d’Alexandre (1882) puis de son épouse (1889), la famille sera rudement éprouvée. Deux de leurs trois fils [Georges et Lucien] disparaîtront de mort violente. Successeurs potentiels, l’aîné des petits-fils [André] mourra à l’âge de 20 ans et deux autres seront tués durant la guerre de 1914-1918 [Jean-François et Roger] ; quant au quatrième [Pierre],  il en reviendra invalide. Il se mariera, aura un fils en 1928  [Jean] et décèdera en 1929. En 1925, Paul Bornibus, le cadet des trois fils d’Alexandre, avait cédé l’entreprise à Charles Boubli, un ancien cadre des usines Potin. Sous la direction de ce dernier puis de celle de ses filles, l’usine continuera de fabriquer des produits estampillés Bornibus  jusqu’en 1992.

Durant les vingt années qui ont suivi l’ère Boubli, l’entreprise a changé plusieurs fois de nom cependant que la marque a subsisté. En 2011, des produits alimentaires Bornibus sortaient encore d’une entreprise dénommée Agrodor implantée à Dormans (Marne.) En 2012, Agrodor a déposé son bilan… La marque sera-t-elle vendue ? Renaîtra-t-elle de ses cendres ?

Des quatre enfants d’Alexandre, deux n’ont plus de descendants (Paul et Lucien.) La postérité de Marie est abondante mais aucun de ses membres ne porte ce patronyme si original qu’on l’imagine être un pseudonyme : Bornibus. Il reste cependant six Bornibus, descendants de Georges et de son fils Jean qui n’avait pas deux ans à la mort de son père… Tous implantés dans la région Poitou – Charente.

 
Si vous souhaitez écrire à Bernard Pharisien
ou commander un de ses ouvrages,
vous pouvez le faire en utilisant le formulaire ci-dessous

Votre message 

 

votre adresse e-mail 
pour la réponse

A la rencontre de Pierre Auguste Renoir
©Danielle Meurillon - Bernard Pharisien