Les Grandes Baigneuses (1887)  - Museum of Art, Philadelphie (grand format: 166K)

                 orsqu'il entreprend ce grand tableau des baigneuses vers 1884, Auguste Renoir rentre d'Italie. Il est encore sous le charme des oeuvres d'Ingres et de Raphaël. Il est en pleine crise de doutes et veut modifier son "trait".  Plus tard il confiera à Ambroise Vollard: « Vers 1883, il s'est fait une cassure dans mon oeuvre, j'étais allé jusqu'au bout de l'impressionnisme et j'arrivais à cette conclusion que je ne savais ni peindre ni dessiner. En un mot, j'étais dans une impasse »

                 ' idée de ce tableau lui a été suggérée par un bas relief en plomb, "Le bain des Nymphes" réalisé par François Girardon, en 1672, pour une fontaine du parc de Versailles. 

Le bain des Nymphes (1672) - François Girardon

 

                 a toile mesure 115 x 170 cm, les modèles principaux sont Aline Charigot, la blonde, et Suzanne Valadon, la brune.

                vant de se décider à l'exposer, Renoir y travaillera trois années durant, plus de temps qu'il ne consacrera jamais à aucune autre de ses toiles. « Je vais tomber Raphaël »  disait-il en plaisantant. Le nu, jusqu'à présent secondaire dans l'oeuvre de Renoir, prend dès lors toute son importance. 

                l réalisera plus de vingt études et esquisses afin de trouver la pose et les formes correctes des personnages. 

                 râce à l'influente Madame Charpentier, la toile est exposée à l'exposition internationale de 1887 qui se tient dans la somptueuse galerie de Georges Petit, grand concurrent de Paul Durand-Ruel. Renoir espère que son nouveau style va plaire au public et donne un sous-titre à sa toile lors de cette exposition: "Essai de peinture décorative".

                 e tableau est diversement apprécié et suscite de vives polémiques entre amoureux et détracteurs du style "ingresque". Durand-Ruel se plaint de ne pas trouver d'amateurs pour cette nouvelle manière, Monet, par contre, parle du « superbe tableau des baigneuses », tout comme Proust qui le trouve « l'un des plus beaux de Renoir ». Pissarro n'aime pas et dira : « les figures se détachent les unes sur les autres sans tenir compte des accords ; aussi c'est incompréhensible ».

                 a déception, l'éloignement de sa clientèle habituelle, les critiques de ses amis pousseront Renoir vers de nouvelles recherches et l'abandon progressif du style "aigre" qu'il avait mis tant d'années à élaborer.

                "es grandes baigneuses", superbe témoignage de sa période de recherche et d'incertitude sont maintenant exposées au Musée d'Art de Philadelphie.                

 


A la rencontre de Pierre-Auguste Renoir - ©Danielle Meurillon - Bernard Pharisien